jeudi 8 janvier 2009

2009

le temps nous joue des tours
et des tours il passe
avec nous vers nous
il se passe quelque chose l’amitié
nous tient nous fait la vie
est notre balancier
et nous sommes tous les jours ce qui passe en équilibre
et le quelque chose qui vacille qui
résonne et nous va si bien quand nous allons
vers ce que nous sommes et nous tournons
au coin de la rue à l’angle
du temps
on fait tourner les tu les je
de bouche en bouche d’air en dire de rire en rêve
au jour le jour
on continue
on se passe avec l’air la parole

Philippe Païni

3 commentaires:

Christophe Gallaire a dit…

Quelque chose m'échappe, il doit y avoir quelque chose dans mon œil, un je ne sais quoi de trop ou de moins qui me fait prendre ce bout de texte, avec ces je, ces tu, ces présent... sa mise en "forme" (je sais le dualisme vous incommode, mille excuses pour cette grossièreté), la syntaxe même, la démajuscualtion/déponctuation... enfin tout "ça", comme une sorte de singerie de plus de Meschonnic. Bravo tout de même. Vous l'imitez fort bien. On pourrait s'y laisser prendre. Quel talent !

Il y a en là-dedans autant que dans vos, comment les appeler, allons ne soyons pas grossier, vos articles "critiques" (puisque c'est au mot que vous vous arrêtez... ah oui ! vous êtes très fort dans ce domaine... tout Meschonnic est là, enfin, ses mots, ses tours syntaxiques, ces tourniquets rhétoriques, en un peu plus vulgaire tout de même).

Voilà finalement ce que Meschonnic a le mieux réussi : se faire singer.

Les places vont être chères dans le wagon de l'histoire. Va falloir vous faire reconnaître du Grand Public, hors de l'Université, c'est pas facile hein ?

Dites donc, y a p'têt moyen. Vous devriez breveter votre affaire. Oui, c'est ça, brevetez l'ami, brevetez ! Il y a l'homme-rythme (Ritman ou Martin, selon qu'il fait l'âne ou pas) qui vous tire la bourre ! Il vous presse aux talons l'animal !

philippe a dit…

Cher Christophe Gallaire,
Quelle oreille ! Henri Meschonnic n'est pas seulement imité dans ce texte, il est cité. C'est que je venais de l'avoir au téléphone et nous avions parlé de son livre "Parole rencontre", qu'il venait de recevoir, sortant pour quelques jours de l'hôpital et avant d'y retourner. Vous avez sans doute imaginé vous-mêmes les circonstances de ce texte en en lisant la date. Le passage des voix, et particulièrement de celle-ci, est bien ce que j'affirme dans la dernière ligne. Merci de me donner, à moi, "critique" vulgaire, et "vulgaire" critique, l'occasion tout de même de saluer la classe et la constructivité de votre commentaire.
Merci aussi de vous préoccuper de ma carrière ; j'avoue que je m'en soucie trop peu - sans quoi j'éviterais toute allusion à l'oeuvre de Meschonnic dont le nom, outre qu'il a la faculté de faire battre votre coeur, et celui de votre ami Pascal Leray dit Charles Hectorne dit El Loco, de fibrilations assez inquiétantes, a celle aussi de faire claquer les portes de l'Université française devant qui le prononce. La chose, d'ailleurs, pour qui n'a pas l'ambition de s'y creuser un nid douillet, est assez amusante à observer.
Continuez de nous lire, vos remarques sont toujours des moments de détente et de fraîcheur bienvenus dans ce monde d'intellectuels, hélas! par trop sérieux.
Bien à vous,
Philippe Païni

El Loco a dit…

Cher Monsieur Paibi,


Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année, ainsi qu'à mon ami Christophe Gallaire, que je n'ai pas eu l'occasion de voir depuis si longtemps.

Je vous préviens de suite. Je serai un peu long. J'espère vous amuser autant que Christophe, je n'en aurai pas la prétention. Je crains, au fait, que votre amusement ne soit qu'une façon d'évacuer un débat qui vous est proposé, qui se résume en quelques mots : doit-on singer Meschonnic pour lui rendre hommage ? Doit-on vouer un culte à un homme qui, longtemps, a plaidé pour "la critique de la critique" ?

La critique devrait-elle s'arrêter à la porte de M. Meschonnic ? Certes, non.

D'après vous, le nom de Meschonnic ferait battre les portes de l'université française - pour les fermer. C'est un mythe, une stratégie de communication initiée par le maître lui-même. La réalité est à mon sens plutôt celle d'une sectarisation effroyable des chapelles universitaires et littéraires de ce pays. Et l'école meschonnicienne n'échappe pas à un constat qui est aussi vrai pour les adeptes de Georhe Molinié, le post-avant-gardisme du CIPM, etc. La conséquence de cette sectarisation de l'intelligence, c'est son appauvrissement pour ainsi dire endogamique.

Par sa position, pas des plus inconfortables, par l'héritage dont il était porteur, Meschonnic aurait pu aller à l'encontre de cette tendance. Las ! Il a préféré céder aux sirènes du culte de la personnalité. Si j'en crois le "polartblog", qui diffuse régulièrement des annonces de colloques liés à la doctrine meschonniciennes, les portes de l'université française ne sont pas tellement hermétiques.

La stratégie de chapelle à laquelle vous vous conformez aura sans doute quelque bénéfice : des soutiens à Toulouse, à Paris 8, à Séoul peut-être... ou encore chez M. Sollers. Elle ne contribue pas moins à l'atomisation de l'espace littéraire français.

Pourtant, croyez-le bien, moi aussi je suis meschonnicien. Mais dans le fond, pas dans la forme.

Bien à vous,

p.l.
alias Joe Dalle,
Iglotoir Ink.